7h03 – Le réveil… et le ventre qui grogne
Le soleil filtre à travers les rideaux. Premier réflexe : poser la main sur le ventre. Verdict du jour : ça gargouille, ça pique, et ça tire. Pas vraiment l’alarme douce qu’on espérait. Le café ? Oublions. Direction tisane de camomille et petit-déjeuner stratégique : pas trop lourd, pas trop sucré, pas trop gras… Bref, pas trop tout.
8h12 – Préparer le matériel
Les batteries chargent, les cartes SD sont vidées, et l’objectif préféré trône fièrement sur la table. La séance du jour est en extérieur, avec une famille adorable… mais à 40 minutes de route. Le sac photo pèse une tonne, et rien que de le soulever, le ventre proteste déjà. C’est un peu comme porter un sac de briques tout en ayant une ceinture invisible qui se resserre.
10h02 – Sourire… même quand ça pince
Les enfants rient, les parents posent, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Derrière l’objectif, on oublie un peu la douleur. On se concentre sur la lumière, sur l’instant. Mais entre deux déclenchements, un léger pli au niveau du ventre rappelle qu’il faudra peut-être écourter. On s’accroupit, on se relève, on se penche… et le tout se négocie avec soin, comme une chorégraphie millimétrée.
12h47 – Pause déjeuner stratégique
Ici, pas question d’avaler un sandwich à la va-vite. La digestion est un art tactique. Un plat simple, pas d’aliment « déclencheur », et beaucoup d’eau. Et parfois, l’envie de rien avaler, juste de s’allonger et attendre que ça passe. Mais le planning ne laisse pas cette option.
14h15 – Retour au bureau… avec la bouillotte
La carte SD insérée dans l’ordinateur, on lance le tri. La bouillotte chaude sur le ventre, le plaid sur les genoux, c’est le combo gagnant pour tenir l’après-midi. Le ventre gronde, parfois un peu trop, et on se prend à couper le son des vidéos qu’on regarde, de peur que le micro capte la symphonie digestive.
16h38 – Les imprévus
Un client appelle pour avancer une séance. Les douleurs montent, mais dans le métier, on sait que chaque annulation peut coûter cher. Alors on s’adapte, on sourit au téléphone, on ajuste l’agenda… et on croise les doigts pour que le corps suive.
19h21 – La retouche finale
Les photos du jour sont prêtes. Elles sont belles, lumineuses… et personne ne devinerait, en les regardant, qu’elles ont été capturées entre deux crampes ou après une nuit compliquée. C’est ça, le paradoxe : offrir des images pleines de vie, même quand on se sent à moitié éteinte à l’intérieur.
22h04 – Le lâcher-prise
La journée se termine, le matériel est rangé. Un bain chaud, une tisane, et un moment de gratitude. Malgré la douleur, malgré le ventre capricieux, malgré les pauses forcées… la passion a encore gagné aujourd’hui.
💛 Moralité : Être photographe avec de l’endométriose digestive, c’est un peu comme photographier un coucher de soleil en pleine tempête : il faut beaucoup d’adaptation, mais la beauté du résultat en vaut la peine.
A bientôt pour un nouvel article. Ornelle.